Chaire de recherche Environnement-Cancer Guzzo de l’Université de Montréal

Le cancer est l’un des problèmes de santé les plus importants au Canada. Chaque année, environ 166 000 nouveaux cas de cancer et 74 000 décès causés par le cancer viennent alourdir les statistiques. Le Québec connaît le taux de cancer le plus élevé au Canada. Près de 40 % de nos concitoyens auront le cancer durant leur vie et environ les trois quarts parmi nous seront touchés par le cancer dans notre famille. Parmi toutes les causes de décès, le cancer est de loin le facteur le plus important de décès prématuré et, par conséquent, celui qui est la cause du plus grand nombre d’années de vie perdues. Mais le cancer ne se réduit pas à ces chiffres accablants; dans l’imagination populaire, aucune autre maladie ne constitue une menace aussi inquiétante.

 

Le traitement du cancer s’est amélioré avec le temps mais, pour la plupart des victimes, un diagnostic de cancer mène à la souffrance, à l’angoisse et, parfois, au décès. Le meilleur espoir que nous ayons de réduire les souffrances causées par le cancer est de le prévenir. Le meilleur espoir que nous ayons de prévenir le cancer, c’est d’en détecter et d’en éliminer les causes. Les causes du cancer peuvent être catégorisées en deux grands types de facteurs : ceux avec lesquels nous sommes nés et qui nous prédisposent au cancer (facteurs génétiques) et ceux qui interviennent dans notre vie en causant ou en favorisant le cancer (facteurs environnementaux et style de vie). Nous sommes encore incapables pour le moment de modifier nos gènes, mais nous pouvons modifier notre environnement. On estime que nous possédons les connaissances nécessaires pour prévenir près d’un tiers des cancers par l’élimination ou la réduction des facteurs de risque connus. Le plus important de ceux-ci est, de loin, la fumée de cigarette. Parmi les autres carcinogènes humains que les recherches épidémiologiques ont permis de découvrir, mentionnons : l’amiante, le benzène, la fumée de tabac secondaire, les radiations ionisantes sous diverses formes, l’exposition excessive au soleil, etc.

 

Il existe des dizaines de milliers de produits chimiques auxquels les humains peuvent être exposés, que ce soit au travail, à la maison, dans leurs loisirs, dans leur collectivité ou par l’intermédiaire de divers éléments (air, eau, sol, nourriture); ils peuvent être naturels ou artificiels. Pour la grande majorité de ces produits, il n’existe pas de preuves qu’ils sont cancérigènes ou non et, lorsqu’il en existe, celles-ci sont le plus souvent peu concluantes. Parmi les agents qui suscitent des inquiétudes, mais pour lesquels nous ne disposons pas de preuves concluantes, mentionnons les champs électromagnétiques, les téléphones cellulaires, les sous-produits de la chloration de l’eau, les pesticides, les PCB, la graisse alimentaire, les implants mammaires, les édulcorants artificiels, les émissions des moteurs diesel, la pollution de l’air, de nombreux autres agents chimiques et physiques de l’environnement ainsi que nos styles de vie. Et ce n’est encore que la partie visible de l’iceberg.

 

Le principal objectif de la chaire est de produire autant de preuves scientifiques que possible à l’appui de la détermination et de la caractérisation des causes du cancer. Le terrain potentiel de la recherche est vaste et couvre de nombreux types de cancer et une quantité innombrable d’agents auxquels nous sommes exposés. Le problème exige une démarche épidémiologique, c.-à-d. une démarche qui est axée sur les expositions aux maladies et sur les maladies dont souffrent les êtres humains. Mais il requiert également une interaction avec les chercheurs en toxicologie, en carcinogenèse expérimentale, en mesure environnementale et dans d’autres domaines. Un des buts importants sera de continuer d’établir une vaste base de données à partir de laquelle on pourra évaluer et mettre en lumière de nombreux types de dangers. Un autre but sera de rechercher les possibilités de recherche qui découlent de situations d’exposition exceptionnelles ou de préoccupations légitimes exprimées par des citoyens, des organismes gouvernementaux ou d’autres groupes.

 

Voici quelques exemples de recherche à effectuer :

  • La relation causale possible entre 300 différentes substances chimiques que l’on trouve dans l’environnement de travail (et dont plusieurs se trouvent également dans l’environnement en général) et le risque de cancer des poumons. Parmi ces substances, on peut mentionner les émanations de diesel, les émanations d’essence, l’acrylonitrile et le formaldéhyde, les fumées de soudure, les fibres minérales artificielles, les huiles minérales, le plomb, le nickel, les composés métalliques, l’hydrocarbure aromatique polycyclique, les acides inorganiques et beaucoup d’autres.
  • La différence entre les hommes et les femmes sur le plan de la prédisposition au risque de cancer causé par la cigarette.
  • Les risques de cancer associés à la consommation d’alcool.
  • Les risques de cancer associés à la consommation de divers aliments et de diverses boissons non alcoolisées.
  • Le manque d’activité physique et l’obésité comme facteurs de risque de cancer.
  • Les facteurs de risque de cancer de la prostate, et notamment les produits chimiques utilisés en milieu de travail et les interactions génético-environnementales.
  • Les risques de cancer du cerveau causé par l’utilisation des téléphones cellulaires.

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